les banques islamiques

 

Les banques islamiques n'ont cessé d'intriguer les financiers internationaux, car elles respectent à la lettre ce qu'interdit l'islam sous le terme générique de riba, à savoir la combinaison de trois éléments : l'engagement à terme, la condition aléatoire et la rémunération prédéterminée du capital, combinaison que le mot « intérêt » ne traduit qu'imparfaitement.

Les banques et établissements islamiques pratiquent de nombreuses formes d'exercices, toutes consignées dans le droit (fiqh) islamique qui régit la vie des hommes dans tous les domaines. Si les banques n'ont pas le droit de percevoir des intérêts, elles fonctionnent sur le principe d'un système associatif : elles participent avec leurs déposants dans des projets et s'engagent à partager avec eux les risques de financement. En vertu des principes de l'islam, la rémunération des prêts d'argent n'est autorisée que sur les bénéfices que le prêt génère et dans une proportion équitable entre l'apporteur de capitaux et l'apporteur de travail. S'il n'y a pas de bénéfices, sans faute du débiteur, par exemple du fait de la survenance d'un aléa (gharar), les conséquences de cet aléa ne doivent pas être supportées par le débiteur seul mais par l'ensemble des parties au contrat. Dans tous les cas, la rémunération ne peut être prédéterminée, par référence au capital prêté ; elle ne peut être qu'un pourcentage, convenu d'avance, sur le résultat qui apparaîtra en fin d'opération.

Les banques islamiques interviennent en tant que partenaire. Leurs opérations à long terme s'inspirent de la Moucharaka, c'est-à-dire la participation, laquelle est de deux natures : la participation simple et la participation dégressive.

Dans le premier cas, une opération est réalisée par des partenaires qui la financent et partagent, dans les mêmes proportions que le pourcentage de leur financement, les fruits qui en sont générés. La participation dégressive est celle dans laquelle un promoteur voit un financier participer avec un pourcentage afin que celui-ci puisse récupérer son capital et diminuer progressivement sa part dans le projet.

Les banques islamiques pratiquent également la Moudaraba, qui se rapprocherait du capital-risque ; c'est une formule très ancienne, selon laquelle un financier, croyant aux dons artistiques, commerciaux ou techniques d'un groupe de personnes, leur fournit un capital, ces dernières apportant leur énergie, leurs connaissances, leur savoir-faire. Les profits ultérieurs sont partagés entre les deux parties.

La spéculation figure au registre des interventions des banques islamiques. Elles avancent des fonds à des investisseurs, sur la base d'une spéculation assortie de conditions et de garanties bien définies. Les banques sont détentrices de leurs capitaux, leurs partenaires spéculateurs se chargeant de les faire fructifier. Les bénéfices sont partagés dans des proportions définies à l'avance.

C'est dans l'État des Émirats arabes unis que l'activité bancaire islamique est née, au début des années 1970, avec la Banque islamique de Dubaï. Fut ensuite créée à Djeddah (Arabie Saoudite) la Banque islamique de développement et se succédèrent un ensemble d'établissements dans tout le monde musulman, notamment en Jordanie, en Égypte, au Koweït, au Soudan...

Ce mouvement s'est étendu dans les années 1980 au Pakistan et au Bangladesh. Il existe deux sortes de banques islamiques : la B.I.D., Banque islamique de développement, qui intervient surtout dans le domaine public ; des banques islamiques de dépôts, dont l'objet est finalement, sur un plan pratique, similaire à celui des banques de dépôt classiques.

 

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